Patrimoine

Usson-en-Forez ne peut se décrire mais doit se découvrir. Au-delà de cette formule qui peut paraître creuse, nous avons les mêmes difficultés que l’écrivain devant sa page blanche. Pour nous qui aimons tant Usson, comment vous faire partager notre émotion ? Quels mots trouver pour illustrer ses splendides paysages aux multiples facettes, tantôt paisibles, tantôt sauvages, ses petits sentiers qui se faufilent dans la forêt et vous offrent, à un détour, d’inoubliables points de vue. Que dire de ce riche patrimoine rural et religieux fait de labeur et d’espérance.

Des topo-guides, à votre disposition au Point d’Information, vous aideront à apprivoiser cette nature riche de trésors et vous guideront sur plus d’une centaine de km de sentiers balisés et entretenus par des bénévoles. Merci à eux. Bonne balade !

Voici une liste, non exhaustive, de topo-guides indiquant des balades à Usson et ses environs :

  • Les Monts du Forez à pied : "Sommets et Hauts Plateaux"
    Edité par la F.F.R.P.
  • La Loire à pied :
    Edité par la F.F.R.P.
  • Balades et randonnées : "Le Forez entre Loire et Crêtes"
    Guide Chamina
  • Le Haut Forez : "Sur les chemins des Babets"
    Guide Chamina
  • Topo-guides "Usson-en-Forez" :
    • PR1 : "Au fil de l’Ance et des Moulins"
    • PR2 : "Sentiers des bois, le Pas de St-Martin"
    • PR3 : "Circuit des Cimes - Le Jametton"
    • PR4 : "Circuit des Pierres, Daniecq Pravacher"
    • PR5 : "Circuit des Croix"
  • Un "Chemin de la Poix", balisé et commenté, vous est proposé, par l’Association "Les Chemins du Petit Patrimoine".  

Patrimoine Naturel

 

A près de 1 000 mètres d'altitude, sur un plateau granitique, où 3 rivières (Ance, Chandieu, Andrable) creusent leur vallée, la commune d'Usson-en-Forez s'étend sur 4 750 hectares. Les traces de 2 cratères et d'orgues basaltiques (hameaux de Fraisse-la-Côte et de Fromentier) rappellent le passé explosif de l'Auvergne ! Le point culminant est le Jametton (1206 m) d'où l'on peut admirer le Mézenc et le Meygal.

 

 

La Flore

La forêt "naturelle" était la hêtraie-sapinière, depuis longtemps remplacée par des épicéas et des douglas. Cependant demeurent des pins sylvestres et de majestueux hêtres séculaires, comme au Poyet. On dit même que c'était autrefois le repaire de faux-monnayeurs. Au détour d'un sentier, quel plaisir d'admirer des digitales pourpres (espèce protégée) des épilobes ou autres fleurs, moins rares mais tout aussi belles. La cueillette de fruits rouges (framboises et myrtilles savoureuses), et de nombreuses espèces de champignons est une activité qu'apprécient adultes et enfants.

La Faune

La qualité de l'eau (attestée par la présence de moules perlières) fait de l'Ance et du Chandieu (rivières de 1ère catégorie) et du Plan d'eau, des lieux où les pêcheurs peuvent trouver truites et ombres communs.



Il fait bon et il est reposant d'écouter le gazouillis des oiseaux, de voir planer des rapaces (buses, milans…). Les amateurs de chasse apprécient les vastes espaces de notre commune. 

 

Patrimoine Humain 

Usson-en-Forez est un territoire vivant que l'homme a façonné au cours des siècles. On peut découvrir de nombreux sites de pierres à bassin ou à cupules, dont le plus important se situe à Daniecq et le Chier la Molle. Au paléolithique, des hommes auraient peut-être investi ces lieux. Les pierres à bassin ou autre polissoir laissent encore planer le mystère de leur origine.

Pierre à bassin (ou à cupules)

Puis la vie, durant la période gallo-romaine, a pris son essor. Pièces, fibules, tuiles à rebord, hypocaustes témoignent d'un habitat qui s'est développé le long de la voie Bolène et du chemin de César. Pour plus de précisions, cf. notre rubrique "HISTOIRE"

Des effigies d'animaux ou de monstres attestent sans doute de l'existence de lieux de culte païen. Au hameau deGrangeneuve, 3 têtes de divinités suscitent la curiosité du promeneur : vestiges d'un temple païen ? Tête de bœuf, sur un mur extérieur de la chapelle de Chambriac, témoignage du culte de Mithra? Mithra, dieu coiffé d’un bonnet phrygien, est habituellement représenté sacrifiant un taureau. Son culte, d’origine iranienne, se répandit en Asie Mineure, puis, au Ier siècle av. J.C. à Rome où il rivalisa un temps avec le christianisme.



De ce passé tumultueux demeure des vestiges du Moyen-Age : une tour dans l'enceinte de l'Ecomusée et les fortifications du château du XIII°siècle.

Fortification du château

Patrimoine Religieux 

L'Eglise a christianisé certains lieux de culte. Sur des sites païens, auraient été érigées entre autres, des croix :
La Croix de St-Robert au hameau de Jouanzecq est l'une des plus curieuses de la région : de type celtique, remarquez son fût cylindrique (certains pensent que son socle serait une borne milliaire).

Croix de Jouansecq

 

Croix de Daniecq : construite sur un énorme rocher (appelé le "Gourgou"), lieu de sacrifices selon la tradition orale ?

Arrêtons-nous quelques instants sur le seuil de la chapelle de Chambriac et imprégnons-nous de son charme et de son mystère.La légende veut que la Vierge ait choisi elle-même son sanctuaire.

"Un meunier découvrit par hasard une statue de la Vierge qu'il apporta dans l'église paroissiale. Mais la statue fut retrouvée le lendemain à son emplacement initial, c'est-à-dire Chambriac. Ce va-et-vient se renouvela, si bien que l'on construisit un sanctuaire à l'endroit même de sa découverte."

Cette construction remonterait à la fin du XI°s. Elle est due aux moines de la Chaise-Dieu , soucieux de christianiser un lieu encore chargé de superstition païenne (voir à l'extérieur de la chapelle une tête de bœuf, culte de Mithra ?)

Entrons dans cette chapelle. Nous sommes frappés par la sobriété des lieux et par l'atmosphère qui y règne. On y découvre un chœur roman et son abside, ainsi que dix chapiteaux sculptés de motifs souvent étranges qui expriment une forte tradition celtique et mythologique.

Mais le plus remarquable, reste la Vierge Noire marouflée (étoffe peinte) qui daterait du XII°s. Les ussonnais, quelles que soient leurs croyances, y sont profondément attachés. Tous les 15 août, se déroule une procession d'une grande ferveur populaire. La statue réintègre ensuite son sanctuaire.

En sortant de Chambriac, n'oubliez-pas de regarder la "borne des Trois Provinces", symbole de l'histoire mouvementée d'Usson-en-Forez.

Plusieurs hameaux ont encore une chapelle (en raison de l'éloignement de l'église paroissiale). Signalons particulièrement :

  • La chapelle Ste-Reine de Lissac
  • La chapelle N.D. de La Breure

Ces 2 chapelles ont été restaurées par les habitants de ces hameaux.

L'église paroissiale est placée sous le patronage de St-Symphorien, martyr du 2ème siècle. Cette église est la 3ème édifiée à Usson-en-Forez. La 1ère le fut sans doute dans l'enceinte du château du XIII°s. La 2ème fut construite par les moines de l'abbaye de la Chaise-Dieu, à Chambriac. L'édifice actuel date de la fin du XV°s., toujours influencé par les moines de la Chaise-Dieu. Il est de style gothique forézien avec des arcs romans. A ses origines, l'église ne comprenait qu'une nef sur laquelle s'ouvraient des chapelles réservées aux congrégations et familles nobles du village. A l'extérieur, on peut encore voir des contreforts avec des sculptures de la Renaissance, dont une est célèbre auprès des petits ussonnais : c'est l'Ipazou dont on menace les enfants quand ils ne sont pas sages! La présence de coquilles St-Jacques à l'intérieur et à l'extérieur de l'édifice montre, s'il en était besoin, que nous nous trouvons sur la route du pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle. Ce n'est pas surprenant quand on sait que les pèlerins empruntaient souvent les voies romaines. Soulignons la présence, à l'intérieur de l'église, de 2 statues en bois polychrome datant du XVII°s. et représentant St-Roch et St-Sébastien.

Saint Sébastien

 

Tout au long des siècles, l'église connut une douzaine d'aménagements. En 1962, les artisans et les paroissiens, sous l'impulsion du père Convert, se mobilisèrent pour sa restauration.

On le constate, le patrimoine religieux est partout présent : église, chapelles, vierges protectrices sur les maisons, nombreuses croix, (croix de chemins, de mission…)

Citons enfin, en pleine campagne, près du hameau de La Breurette, l'oratoire consacré à N.D. de Racloux, sanctuaire protégeant la famille et les récoltes.

Oratoire N.D. de Racloux

Patrimoine Rural

Les traces de l'histoire sont aussi celles du travail, essentiellement le travail du bois et de la terre.

Les fours à poix constituent une originalité peu connue de notre patrimoine. La poix est issue de la combustion de bûchettes de résineux, à Usson des pins sylvestres. Elle fut longtemps extraite en abondance dans notre région du fait de la qualité des essences des bois. Précieuse, notamment au Moyen-Age (notons la découverte d'un four à poix de l'époque gallo-romaine près d'ici), la poix avait de multiples usages : imperméabilisation des bateaux (les rambertes, bateaux à fond plat qui permettaient le transport du charbon sur la Loire depuis St-Rambert), fabrication de torches, cordonnerie, produits pharmaceutiques, etc. Usson-en-Forez était, dans la région, le centre le plus important de production de la poix. Elle constituait une richesse considérable, comme nous le montrent les droits de péage fort élevés pour son transport. En 1818, 70 tonnes de poix provenaient d'Apinac, Estivareilles et surtout Usson (3/5 de la production). Les revenus estimés étaient de 2300 francs de l'époque. Ces fours en pierre, sans ciment, étaient souvent situés près d'un point d'eau. Ils permettaient, après 3 à 5 jours de pyrogénation de bûchettes de pin, de recueillir ce précieux goudron végétal. De très nombreux fours à poix étaient en activité dans la région d'Usson jusqu'au XIX° siècle. On en trouve encore. Le four à poix du Trémollet est le plus remarquable. N'oublions pas celui de Roche, de La Borie, de Lissac, etc. Un chemin de la poix, balisé et commenté, permet de conjuguer plaisir de la découverte et balade.

  

Four à Poix Noire avant et après restauration

 

Les moulins Ils sont très nombreux le long de nos rivières. On y apportait seigle, colza, trèfle, chanvre, etc. Ces moulins ne sont plus en activité et sont pour la plupart résidences privées. Signalons, sur la commune d'Apinac, le Moulin de Vignal, qui, de manière séduisante, perpétue le savoir-faire des anciens.

Les travails ou étrieux Chaque hameau disposait d'un travail qui permettait de soigner et de ferrer les animaux de trait (chevaux et surtout vaches dans notre région). Le plus remarquable est celui duTrémollet car protégé par un toit en bois de merisier du pays. Ce hameau, outre son four à poix et son travail, dispose d'un très beau puits, d'un abreuvoir et d'un lavoir couvert creusés dans la pierre.

Travail

Patrimoine Ferroviaire

La voie ferrée et le quartier de la gare montrent qu'Usson-en-Forez fut un important lieu de trafic ferroviaire et d'échanges sur la ligne la plus élevée de la compagnie P.L.M. qui l'exploitait. Depuis 1970, la S.N.C.F. a cessé son activité.

L’association du Chemin de Fer du Haut-Forez Estivareilles-Sembadel exploite désormais la ligne et nous permet de découvrir de manière différente la commune dans toute sa diversité (paysages, patrimoine, habitat...)

Le viaduc de Pontempeyrat compte parmi les plus beaux ouvrages d'art. Il fut sauvé d'une destruction par explosifs grâce à la mobilisation de la population locale en 1981. Heureusement, car c'est peut-être le plus beau point de vue de cette ligne, enjambant l'Ance, à la croisée des 3 provinces (Forez, Auvergne et Velay).>

Renseignements : 04 77 50 82 03 ou 06 89 86 48 84

 

Traditions

Le Fouga

Les ussonais de vieille souche racontent que, le dimanche suivant Mardi-Gras, à la nuit tombée, les villageois dansaient la farandole autour d'un bûcher embrasé ; lorsque le feu était éteint, les plus hardis sautaient au-dessus des braises. Enfin, selon les hameaux, les jeunes mariés de l'année, les gens nouvellement installés ou ceux qui avaient récemment réparé leur maison " payaient la chandelle ", c'est-à-dire offraient un copieux casse-croûte bien arrosé.

Cette fête est un héritage du culte du feu (parfois confondu avec celui du Soleil), une des formes les plus anciennes de religion, existant partout dans le monde. Chez les Celtes, anciens occupants de notre région, on célébrait le feu et la lumière par des feux de joie au printemps et au moment du solstice d'été. Pour se purifier on sautait par-dessus les braises.

Si ce dernier rite païen n'a pas trouvé place dans le christianisme, les feux du solstice d'été ont, dès le Ve s., célébré (le 24 juin) la naissance de Saint-Jean (celui qui a baptisé le Christ, "lumière du monde").

Le fouga d'Usson a survécu jusqu'en 1939. Depuis quelques années, le Comité des Fêtes le tire peu à peu de l'oubli.

Les Béates

C’est en 1670, à l’instigation d’Anne-Marie Martel, que fut créée, au Puy-en-Velay, la « Congrégation des Dames de l’Instruction de l’Enfant Jésus », plus connue sous le nom de « béates ». Cette initiative, typique du Velay, a existé dans certains hameaux de la commune, dans la mesure où la paroisse d’Usson-en-Forez releva longtemps du diocèse du Puy.

Qui Étaient Les Béates ?

Ces pieuses demoiselles ne prononçaient pas de vœux, mais vivaient néanmoins comme des religieuses, consacrant leur vie au service de la population locale.

Où Habitaient-Elles ?

Elles demeuraient dans des hameaux isolés, dans une maison d’assemblée, dite maison commune, construite et entretenue par les gens du lieu. C’était une construction simple, érigée sur un bien communal, reconnaissable au clocheton qui la surmontait, utilisé pour sonner l’angélus et les heures de classe. La maison était sommaire, proche du dénuement : souvent une grande pièce qui servait de salle de classe et d’assemblée et une autre consacrée à l’habitation de la béate.

Que Faisaient-Elles ?

Les béates se consacraient à l’éducation des filles (rudiments de lecture, calcul, etc.) mais surtout elles leur faisaient le catéchisme et leur apprenaient l’art de la dentelle au carreau.
Le soir, les béates animaient les veillées au cours desquelles les femmes et les jeunes filles s’activaient aux travaux de la dentelle tout en bavardant. Souvent, elles servaient de « leveuses » c’est-à-dire d’intermédiaire entre les dentellières et les acheteurs. Outre ces activités, les béates pouvaient s’occuper des malades et accompagner les vivants lors de leurs derniers moments.

Comment Vivaient-Elles ?

Leur vie était simple et rude, comme celle des gens du village qui les entretenaient, leur fournissant nourriture, bois de chauffage et le strict nécessaire.

 

Et Usson ?

Il est difficile de retrouver les traces concrètes de leur existence. Nous sommes cependant sûrs de leur présence aux hameaux de Daniecq, la Breurette, Lissac et Pontempeyrat.

Hélas, aucune maison d’assemblée n’a subsisté en l’état et nous devons nous contenter du témoignage oral des plus anciens.
La 3ème République (fin 19° s.) en développant l’école publique, laïque et obligatoire, a favorisé la disparition de ces béates.
En « parler ussonnais », la « biate » décrit aujourd’hui une tout autre réalité : une vieille fille acariâtre, s’occupant d’un peu trop près de la vie de ses voisins. Au-delà de cette vision plus que réductrice et méprisante, n’oublions pas que leur existence s’inscrit dans la dureté de la vie d’autrefois, l’isolement, la pauvreté, la rudesse du climat. Dans ces hameaux loin de tout, il nous semble que ces filles dévotes et dévouées ont, indéniablement, joué un rôle social important, voire indispensable.