Histoire

 

Le Blason D'Usson

Blason écartelé avec le Dauphiné d'Auvergne (Forez), les armes de la famille Rochebaron, seigneurs d'Usson et l'oriflamme d'Auvergne.

En suivant les chemins de la mémoire et du patrimoine, nous rencontrons de nombreuses traces de l'histoire tumultueuse d'Usson-en-Forez.

De par sa situation géographique, notre terre fut de tout temps un lieu de confins et de conflits : jadis, trois peuples, les Arvernes, les Segusiaves et les Vellaves, se rejoignaient ici ; plus tard, jusqu'à la Révolution, la paroisse, village et hameaux furent partagés entre Forez et Auvergne (les 3/4 des "frontières" de la commune sont tournés vers l'Auvergne). Le franco-provençal et le droit écrit avaient cours au Sud et le droit coutumier au Nord.

Usson La Mysterieuse

Notre histoire s'inscrit dans la mouvance de la conquête romaine, des guerres médiévales et de la réorganisation politique et géographique de la Révolution française. Une longue histoire caractérisée par d’incessants bouleversements qui ont profondément marqué le caractère des hommes d’ici, histoire qui remonte à des temps reculés dont il reste encore des vestiges.

 

Usson. Pourquoi Usson ? Quelle est l’origine de ce toponyme ? 
On ne peut avancer que des hypothèses. Au 4° s., la table du moine allemand Peutinger mentionne Iciomago entre Moingt (Aquae Segetae) et St-Paulien (Reuessione) ; il s’agit vraisemblablement de notre village, celui des origines, celui peut-être fondé par le gaulois Iccius. Certains historiens, comme Grégoire de Tours, ont vu dans cette appellation une déformation du nom de la déesse Vasso, adorée des gaulois. D’autres, comme Auguste Bernard jeune, ont évoqué l’existence d’un temple païen célèbre : Ussonium restauré vers 235 par l’empereur Jules Maximin et son fils Jules Verus, comme en fait foi une inscription relevée sur la borne miliaire de la Voie Bolène, borne découverte dans les environs du hameau de Grangeneuve. En 1172, Rotlandus, moine du prieuré de Chambriac (dépendant de la célèbre abbaye de la Chaise-Dieu), était prieur d’Iccion ; en 1258, Albertus de Rota, était prieur d’Ussomo ; en 1299, on lit Ucionem ; en 1314, Uczon et en 1315, on parle de la paroisse d’Ussom.

Au moment de la Révolution française, le nom d’Usson fut doté de « en Forez » afin de bien le distinguer d’autres localités portant le même nom, comme Usson près d’Issoire, dans le Puy-de Dôme, où fut emprisonnée la reine Margot.

L’ordonnance royale de Louis 18, du 26 juin 1822, en fixant définitivement les limites des départements de la Loire et du Puy-de-Dôme, arrêta le territoire de la commune.

Mais revenons à des temps plus anciens. Les très nombreuses « pierres à bassin » ou « à cupule », le polissoir fixe de Daniecq, gardent encore leurs secrets. Ils n’ont pas livré tous leurs mystères, mais peuvent attester une présence humaine à l’époque paléolithique. La découverte très récente de tuiles à rebords, de céramiques sigillées, de pièces de monnaie, montre l’existence d’un habitat gallo-romain qui se situerait entre la voie Bolène et le Chemin de César, à quelques centaines de mètres de notre village. Une borne milliaire fut découverte près du village, confirmant la romanité des lieux. Lors de sa découverte, l’inscription, fut traduite ainsi :

"L’empereur Julius Caïus Cesar
Verus Maximus pieux
Heureux Auguste, grand pontife (revêtu de la puissance tribunitienne)
Proconsul notre excellent prince,
Et son fils Caïus Julius Verus
Maximus Noble Cesar
Prince de la jeunesse
Ont fait restaurer les vieilles voies
22 milles"
 

Usson, La Tumultueuse

La fin de l’empire romain marqua une période de tensions. Les frontières du village furent sans cesse discutées, disputées. Le château, construit en pierre par les seigneurs de Baffie, au XI° s., et son bourg, furent assiégés, en 1361, probablement par Armand IX de Polignac et livrés au pillage.

 

Vers 1380, le vicomte de Polignac poursuit ses exactions : la château et l’église majeure de St-Barthélémy sont à nouveau saccagés, le mobilier détruit, tout comme les archives dont nous sommes si démunis aujourd’hui.

Se succédèrent alors comme seigneurs d’Usson, les Rochebaron, les de La Roue, les familles Hérail et Pierrefort, sans toutefois, semble-t-il, beaucoup se préoccuper de leur domaine.

La vie, aux 17° et 18° s., fut rythmée par les pestes et les famines, les guerres, pour le plus grand malheur du peuple. La Révolution creusa de profondes scissions dans la population, divisant également le clergé. Les bandes contre-révolutionnaires établies aux limites des 3 départements, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, connues sous le nom de « Compagnons de la Ganse Blanche », furent sans doute aussi meurtrières que la Révolution elle-même.

Usson, La Laborieuse

Depuis lors, notre région ne put faire vivre tous ses enfants, qu’en alliant toujours et traditionnellement à une agriculture de subsistance, un artisanat -tissage et dentelle- et une importante émigration saisonnière -celle des scieurs de long et des terrassiers -- qui, chaque année, rentraient au pays pour s’occuper des travaux des champs. « On nous appelait les criminels », surnom donné aux scieurs de long, dont l’histoire et la vie sont retracés avec bonheur au Musée.

 

La vie était alors rythmée par les foires et les marchés, les allées et venues du chemin de fer (plus haute ligne de la Compagnie P.L.M.). On évoquait, aux veillées, le temps des fours à poix (très caractéristiques de notre région), alors que tournaient les nombreux moulins situés aux bords de l’Ance, du Chandieu et de l’Andrable (voir notre rubrique "Patrimoine") Les femmes, en plus d’être dentellières, s’activaient à la fabrication des paillons (emballage en paille de seigle utilisé pour le transport des bouteilles et des marchandises fragiles). L’histoire des dentellières et des paillons est évoquée de manière vivante au Musée.

Certains hameaux d’Usson ont vu , dans leur maison d’assemblée, des enfants apprendre le B.A. BA de la lecture et du catéchisme, la technique de la dentelle au carreau pour les petites filles, sous l’autorité de béates. (voir « Traditions » dans notre rubrique PATRIMOINE)

En 1801, avec 3 578 habitants, répartis sur le bourg et près de 60 hameaux, Usson était la 6eme ville du département, alors que St-Bonnet-le-Château ne comptait que 1506 habitants et Saint-Etienne, environ 1 800. Les conditions de vie difficiles expliquent un certain exode rural.

ET MAINTENANT...

Depuis 1990, la population s'accroit par l'apport de nouvelles familles et le retour de retraités originaires d'Usson en Forez.

Riche de son histoire et de sa tradition, Usson peut désormais se tourner vers l’avenir.